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SBK-CES-CVS Conferenza dei vescovi svizzeri | 02.04.2020

Communication de crise : donner confiance

C’est dans des périodes de crise que se montre la robustesse de la communication.

Celui qui a mis en place une stratégie et un concept a maintenant un avantage. Celui qui a fait ses devoirs lorsque tout était plus tranquille peut établir une communication sûre et fiable durant la crise. C’est visible aujourd’hui plus que jamais : la communication est une affaire de professionnels. Surtout la communication de crise. Cette règle s’applique tout particulièrement à l’Eglise. Dans des situations telles que nous la vivons actuellement, elle peut offrir plus que seulement des paroles de réconfort et de consolation : elle peut créer une proximité humaine malgré la distance, elle peut donner un soutien et une orientation malgré les portes fermées des églises. La créativité qui s’est manifestée ces derniers jours dans tous les médias et sur tous les canaux montre tout ce qui est possible. Il est beau de voir combien l’Eglise se manifeste ici dans sa diversité. Mais malheureusement on voit aussi des déviations : charlatans et fondamentalistes saisissent cette occasion pour placer des messages de punition divine, de peur et de doute.

La communication ecclésiale est quelque chose d’autre

Le pape François nous en donne un bel exemple : il prie sur la place publique et appelle à la prière. Les médias du Vatican ont réagi vite et bien à la pandémie et à ses conséquences en pastorale. Ils diffusent par textes, en images et en sons, dans tous les médias et, surtout, les médias sociaux, les messes matinales du Pape, ses prières, ses vœux, ses appels. Le pape François rayonne toujours de calme et de flegme quel que soit les soucis et les chagrins. Il a l’air vrai.

Le pape François réussit encore autre chose : il contribue à ce que des gens gagnent en sûreté d’action. Il soutient ainsi les mesures nécessaires prises par les services gouvernementaux. Il participe à l’information et à l’explication et crée un climat de confiance.

Que nous montre l’exemple du pape François?

- C'est le ton qui fait la musique. Dans la communication de crise, le ton est important. Celui qui tombe dans le jargon de la consternation bon marché a perdu. Celui qui pontifie et fait la leçon, aussi. Mais celui qui sait accueillir les détresses des gens, qui les partage et les illustre, qui les prolonge dans une « communication de l’espoir »  gagne les cœurs des gens. Il ou elle a l’air crédible. La crédibilité est la valeur première de la communication de crise.

Présence et visibilité. Dans la communication de crise, il importe que des personnalités sachent nommer calmement les choses par leur nom dans une communication ouverte, transparente et engagée tout en dessinant en parallèle des perspectives et en établissant de la confiance.

C’est précisément maintenant que les si nombreuses personnes qui sont recluses à la maison ont besoin d’un visage familier, d’une voix familière, d’un texte familier. Le pape François est là, il montre présence. Il s’adresse aux gens.

- Outils et moyens. Dans la communication de crise, le choix du bon moyen est important. Depuis quelle chaire l’Eglise parle-t-elle ? On l’a vu ces derniers jours : depuis les médias sociaux, notamment Facebook, Youtube, WhatsApp et le Livestreaming. Ici aussi, le pape François montre l’exemple : le département de la communication du Vatican est équipé de manière remarquable. Chez nous, dans l’Eglise locale, beaucoup de choses sont bien faites. Mais quelques-unes, malheureusement, manquent de professionnalisme, parce qu’elles n’ont jamais été conceptualisées ni testées auparavant.

Le site d’une paroisse ou d’un ordre religieux est devenu un lien important entre l’intérieur et l’extérieur partout où on a d’abord investi dans un site facile à exploiter. Les feuilles paroissiales traditionnelles, les vitrines, les propositions de prière placardées sur la porte de l’Eglise ou placées à l’intérieur, la lettre personnelle circulaire comme salut pascal à tous les paroissiens et paroissiennes peuvent être, elles aussi, des outils efficaces dans cette période.

L’Eglise et ses représentantes et représentants ont une audience supérieure à la moyenne dans des temps de crise. C’est une preuve de confiance et, partant, une chance pour l’Eglise. C’est en même temps une mission pour la période qui suit la crise : garantir une communication fiable et crédible comme partie intégrante de l’évangélisation et de la prière. Saisissons cette chance !

 

Mariano Tschuor

Président

 

26.03.2020